La coque, ou contracture capsulaire, est l’une des raisons les plus fréquentes de réintervention après une augmentation mammaire. Elle survient quand la couche naturelle de tissu cicatriciel autour d’une prothèse devient épaisse et serrée, et comprime la prothèse. Le sein peut alors paraître dur, plus rond ou plus haut que l’autre, et dans les cas plus avancés devenir douloureux. Elle se traite, et connaître les facteurs de risque vous aide, vous et votre chirurgien, à réduire la probabilité qu’elle apparaisse.
Qu’est-ce qu’une coque ?
Dans les semaines qui suivent l’opération, votre corps forme une capsule de collagène autour de la prothèse. Chez la plupart des femmes, elle reste fine et souple pendant de nombreuses années. Chez certaines, la capsule s’épaissit et se rétracte, et la prothèse est comprimée dans un espace plus petit et plus rond. La coque peut toucher un sein ou les deux, et même si elle est plus fréquente dans les un ou deux ans qui suivent l’opération, elle peut apparaître à tout moment.
Sa fréquence varie selon les études et dépend du type d’opération. Après une première augmentation esthétique, elle touche une minorité de femmes, et le risque est plus élevé après une réintervention ou une radiothérapie du sein.
Les stades de Baker
Les chirurgiens décrivent la coque avec la classification de Baker, qui repose sur le toucher et l’aspect du sein :
| Stade | Toucher et aspect du sein | Prise en charge habituelle |
|---|---|---|
| Baker I | Souple et naturel ; la prothèse n’est pas perçue comme ferme | Normal, pas de traitement |
| Baker II | Un peu ferme au toucher, mais aspect normal | En général, simple surveillance |
| Baker III | Ferme, et la forme a visiblement changé (plus ronde, plus haute) | La chirurgie est souvent recommandée |
| Baker IV | Dur, douloureux, froid au toucher et nettement déformé | La chirurgie est en général recommandée |
Les signes à surveiller
- Le sein paraît plus ferme ou plus dur qu’avant, ou que l’autre côté
- La prothèse paraît plus ronde ou plus haute sur le thorax
- Des vagues visibles ou un contour modifié
- Une sensation de tension, une gêne ou une douleur, surtout couchée sur ce côté ou pendant le sport
- Une différence entre les deux seins qui apparaît avec le temps
Les premières semaines après l’opération, les deux seins sont fermes et les prothèses sont placées haut. C’est la cicatrisation normale, pas une coque. Une fermeté qui apparaît ou augmente alors que les seins s’étaient déjà assouplis est plus significative.
Ce qui augmente le risque
La cause exacte n’est pas entièrement comprise, et une coque peut apparaître sans raison évidente. Les facteurs associés à un risque plus élevé sont notamment :
- Une contamination bactérienne discrète de la prothèse, qui peut former un mince film à sa surface (biofilm)
- Une collection de sang (hématome) ou de liquide (sérome) autour de la prothèse après l’opération
- Une radiothérapie du sein
- Une prothèse placée devant le muscle, associée dans de nombreuses études à un taux plus élevé qu’une prothèse placée sous le muscle
- Une coque antérieure ou une réintervention
- Une rupture de la prothèse
- Le tabac, qui nuit à la cicatrisation
Comment le risque est réduit
Les chirurgiens utilisent plusieurs mesures pour limiter le risque : un contrôle soigneux du saignement, des antibiotiques au moment de l’opération, le lavage de la loge de la prothèse avec une solution antibiotique, une manipulation minimale de la prothèse, et une incision dans le sillon sous-mammaire plutôt qu’autour du mamelon. Votre chirurgien choisit la position qui convient à vos tissus.
Vous pouvez aussi y contribuer :
- Arrêtez de fumer et de vapoter au moins 4 semaines avant et après l’opération.
- Suivez les consignes concernant votre soutien-gorge de maintien et vos activités, pour réduire le risque de saignement et de collection de liquide.
- Signalez immédiatement tout gonflement soudain d’un sein.
- Dites à votre dentiste et à vos médecins que vous avez des prothèses ; votre chirurgien vous indique si des antibiotiques sont nécessaires avant certains actes.
Comment on traite une coque
Les stades I et II ne nécessitent en général aucun traitement, seulement des contrôles réguliers. Certains médicaments ont été essayés pour une coque débutante, mais les preuves sont limitées ; votre chirurgien vous dit si l’un d’eux peut vous convenir. Pour les stades III et IV, la chirurgie est le traitement établi :
- Capsulotomie : la capsule est incisée pour donner plus de place à la prothèse. C’est une opération plus légère, mais la coque peut récidiver.
- Capsulectomie : une partie ou la totalité de la capsule est retirée. Elle est souvent recommandée, surtout quand la capsule est épaisse ou calcifiée, ou que la prothèse est ancienne.
- Changement de prothèse : une nouvelle prothèse est en général posée, parfois dans une autre loge, par exemple en passant de devant le muscle à une position partiellement sous le muscle.
- Retrait sans remplacement : une option pour les femmes qui ne souhaitent plus de prothèses, parfois associée à un lifting des seins.
Comprimer fortement le sein pour rompre la capsule (capsulotomie fermée) n’est plus recommandé, car cela peut rompre la prothèse et provoquer un saignement. La convalescence après une réintervention ressemble en général à la convalescence après la première augmentation.
Avant une réintervention, votre chirurgien peut demander une échographie ou une IRM pour contrôler la prothèse et la capsule. Apportez votre carte d’implant ou les références de vos prothèses : elles aident à préparer l’opération.
Quand contacter votre chirurgien
Contactez votre chirurgien si un sein devient plus ferme, change de forme ou commence à faire mal. Consultez rapidement un médecin en cas de gonflement soudain d’un sein, surtout s’il apparaît un an ou plus après l’opération : une collection de liquide à ce stade doit être examinée, car elle peut rarement être le signe d’un lymphome lié surtout aux prothèses texturées (LAGC-AIM, en anglais BIA-ALCL). Consultez en urgence en cas de fièvre avec un sein rouge, chaud et douloureux.
Notre page consacrée à l’augmentation mammaire explique la position des prothèses, les normes de sécurité que nous appliquons et les contrôles qui accompagnent la vie avec des prothèses.
Questions fréquentes
Une rétraction de la capsule naturelle de tissu cicatriciel autour d’une prothèse mammaire. Elle peut rendre le sein ferme, douloureux ou déformé.
Les chiffres varient selon les études. Après une première augmentation esthétique, elle touche une minorité de femmes ; le risque est plus élevé après une radiothérapie ou une réintervention. Votre chirurgien peut vous expliquer les chiffres qui correspondent à votre situation.
Une capsule ferme ne s’assouplit en général pas toute seule. Les stades légers restent souvent stables et ne demandent que des contrôles ; les stades plus avancés se traitent par chirurgie.
Oui, elle peut récidiver. Retirer la capsule, poser une nouvelle prothèse et parfois changer de loge réduisent le risque.
Les données sont contradictoires, et les recommandations varient selon les chirurgiens et les types de prothèses. Suivez les conseils de votre propre chirurgien.

À propos du relecteur
Op. Dr. Yusuf Acar
Chirurgien plasticien, reconstructeur et esthétique
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