La calvitie masculine (alopécie androgénétique) est la cause la plus fréquente de chute de cheveux chez l’homme. Elle commence en général par des golfes qui se creusent aux tempes ou par un affinement au niveau du vertex, et progresse lentement sur des années, selon un schéma reconnaissable. Elle est due à une combinaison de gènes et d’une hormone, la dihydrotestostérone (DHT). Elle n’est pas causée par le port d’un chapeau, des lavages fréquents ou les produits capillaires.
Génétique et DHT : comment les hormones influencent la chute des cheveux
La testostérone est transformée en DHT par une enzyme appelée 5-alpha-réductase. Chez les personnes génétiquement sensibles, la DHT se fixe sur les follicules pileux du dessus du crâne et les rend peu à peu plus petits, un processus appelé miniaturisation. Chaque nouveau cheveu repousse plus fin et plus court, jusqu’à ce que le follicule ne produise plus de cheveu visible.
Les hommes atteints de calvitie ont en général un taux de testostérone normal. Ce qui diffère, c’est la sensibilité de leurs follicules à la DHT, et cette sensibilité est héréditaire. Les gènes viennent des deux côtés de la famille, pas seulement du grand-père maternel : c’est pourquoi les cheveux de votre père comme ceux de vos grands-parents peuvent donner des indices.
D’autres hormones peuvent aussi jouer un rôle. Les stéroïdes anabolisants et les compléments de testostérone peuvent accélérer la calvitie chez les hommes qui y sont prédisposés. Les troubles de la thyroïde provoquent plutôt un affinement diffus. Chez la femme, les changements hormonaux après une grossesse, autour de la ménopause ou en cas de syndrome des ovaires polykystiques peuvent toucher les cheveux, en général sous la forme d’un affinement sur le dessus du crâne plutôt que selon le schéma masculin.
L’échelle de Norwood expliquée, stade par stade
Les médecins utilisent l’échelle de Norwood (aussi appelée échelle de Hamilton-Norwood) pour décrire l’avancée de la calvitie. Elle aide à planifier et à estimer le nombre de greffons dont une greffe de cheveux pourrait avoir besoin.
| Stade | À quoi il ressemble |
|---|---|
| Norwood 1 | Pas de recul notable ; une ligne frontale pleine, d’adolescent |
| Norwood 2 | Léger recul régulier aux tempes ; souvent appelé ligne frontale mature |
| Norwood 3 | Recul plus marqué aux tempes, en forme de M, de U ou de V ; le premier stade en général considéré comme une calvitie |
| Norwood 3 vertex | Ligne frontale au stade 2–3, avec un affinement du vertex |
| Norwood 4 | Recul plus important à l’avant et zone dégarnie plus grande au vertex, encore séparées par une bande de cheveux |
| Norwood 5 | La bande entre l’avant et le vertex devient fine et étroite ; les deux zones s’agrandissent |
| Norwood 6 | La bande a disparu ; l’avant et le vertex se rejoignent en une seule grande zone |
| Norwood 7 | Il ne reste qu’une bande de cheveux sur les côtés et à l’arrière, en forme de fer à cheval |
Certains hommes suivent une forme variante (souvent notée « A »), où la ligne frontale recule de façon régulière de l’avant vers l’arrière, sans zone dégarnie séparée au vertex.
À partir de quel stade de Norwood parle-t-on de calvitie ?
Une ligne frontale de Norwood 2 est courante chez l’homme adulte et généralement considérée comme une ligne frontale mature et normale plutôt que comme une calvitie. Norwood 3 est en général le premier stade considéré comme une chute de cheveux cliniquement significative, car le recul aux tempes dépasse nettement l’évolution normale avec l’âge. À partir du stade 3, beaucoup d’hommes commencent à envisager un traitement.
Quand une greffe de cheveux a-t-elle du sens ?
Les cheveux de l’arrière et des côtés de la tête résistent génétiquement à la DHT. Une greffe déplace des follicules (par FUE ou DHI) de cette zone donneuse vers les zones clairsemées, et ils gardent leur résistance : les cheveux greffés continuent donc de pousser toute la vie. Une greffe vous convient ou non selon plusieurs facteurs :
- Une bonne zone donneuse. Des cheveux denses à l’arrière et sur les côtés sont le facteur le plus important.
- Un schéma clair et une certaine stabilité. Les résultats sont plus faciles à planifier quand la chute a ralenti ou qu’elle est traitée.
- Votre âge et l’évolution probable. Un homme très jeune dont la chute progresse vite peut se voir conseiller d’attendre ou de commencer par un traitement médicamenteux, car la ligne frontale doit rester naturelle même s’il perd plus de cheveux plus tard.
- Le stade. Les stades 3 à 5 de Norwood se prêtent souvent bien à une greffe. Aux stades 6 et 7, la zone donneuse est limitée : on se concentre alors en général sur l’avant et le dessus du crâne.
- Des attentes réalistes. Une greffe redistribue vos propres cheveux ; elle ne peut pas en créer davantage.
Les médicaments en complément
Une greffe n’empêche pas vos cheveux existants de s’affiner. C’est pourquoi les médecins conseillent souvent un traitement médicamenteux pour les protéger, avant ou après une greffe :
- Le finastéride est un comprimé sur ordonnance qui abaisse le taux de DHT. Il peut ralentir ou stopper la chute chez beaucoup d’hommes. Un petit nombre ressent des effets indésirables, notamment sexuels, ainsi que des changements d’humeur : parlez-en à votre médecin avant de commencer et signalez tout changement.
- Le minoxidil s’applique sur le cuir chevelu (il est parfois aussi prescrit en comprimés). Il peut aider les cheveux à pousser plus longs et plus épais. Une irritation du cuir chevelu et une chute temporaire au début sont possibles.
Les deux n’agissent que tant que vous les utilisez ; si vous arrêtez, la chute reprend en général. Votre médecin vous dira si l’un d’eux vous convient, surtout si vous prenez d’autres médicaments ou si vous avez un projet d’enfant.
Quand consulter un médecin
- Une chute qui commence brutalement ou très vite
- Des plaques rondes sans cheveux, ou une chute au niveau de la barbe, des sourcils ou du corps
- Un cuir chevelu douloureux, qui démange, rouge ou qui pèle
- Une chute accompagnée d’autres symptômes comme de la fatigue, un changement de poids ou une sensation de malaise
Notre page sur la greffe de cheveux explique comment nous évaluons votre zone donneuse à partir de photos, les techniques que nous proposons et à quoi vous attendre mois après mois après l’intervention.
Questions fréquentes
Une sensibilité héréditaire des follicules du dessus du crâne à l’hormone DHT. Avec le temps, les follicules rétrécissent et produisent des cheveux plus fins, jusqu’à ne plus produire de cheveu visible.
Le stade 3 de Norwood est en général le premier considéré comme une calvitie. Une ligne frontale de Norwood 2, avec un léger recul aux tempes, est courante chez l’homme adulte et généralement considérée comme une ligne frontale mature.
Pas seulement. Les gènes des deux parents jouent un rôle : une calvitie d’un côté ou de l’autre de la famille peut donc compter.
Non. Les cheveux greffés continuent de pousser toute la vie, mais vos cheveux existants peuvent encore s’affiner. Un traitement médicamenteux est souvent conseillé pour les protéger.
Cela dépend de la vitesse de votre chute et de la qualité de votre zone donneuse. Si vous êtes jeune et perdez vite vos cheveux, votre médecin peut vous conseiller d’abord un traitement médicamenteux, puis une greffe plus tard.

À propos du relecteur
Op. Dr. Yusuf Acar
Chirurgien plasticien, reconstructeur et esthétique
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